Philippine de Salaberry

Solo Show⎜La forêt aléatoire ⎜01.04 - 09.05.2026

Solo Show⎜Reckoner⎜16.01 - 08.03.2025

Group Show⎜Palmarès ⎜20.06 - 26.07.2024

Exposition de présentation ⎜Exsudats ⎜21.03.2024 - 27.04.2024

© Paul Hennebelle, @_flaneur_studio

Philippine de Salaberry (1993) est une artiste visuelle interdisciplinaire basée à Paris.

Son travail explore les relations entre données, mémoire et représentation, en interrogeant la manière dont les systèmes de mesure et de classification influencent aujourd’hui notre perception du réel.

À travers la peinture, la sculpture et des techniques mixtes, elle développe une pratique qui transforme des structures informationnelles en formes sensibles. S’appuyant sur des traces issues de son quotidien données biométriques, archives photographiques ou trajectoires enregistrées l’artiste adopte une approche fragmentaire de la représentation de soi. Ces ensembles de données deviennent la matière première d’œuvres qui oscillent entre abstraction et expérience intime. Dans ses peintures et sculptures, trajectoires, rythmes et cycles sont traduits en surfaces chromatiques, diagrammes ou structures spatiales, proposant une interprétation poétique de phénomènes souvent invisibles. La pratique de Philippine de Salaberry repose notamment sur l’intégration de processus algorithmiques dont les diagrammes de calcul deviennent la matrice de traductions plastiques, du dessin à la sculpture, transformant des systèmes abstraits en formes sensibles. Formée en architecture et en design à Paris, elle a développé sa pratique entre Paris et Berlin.

X011 série Exsudats, 2024, peinture à l’huile et acrylique sur toile, 140 x 90 cm, © Photographie par Adrien Thibault

« Le travail de Philippine de Salaberry est à l’image des instants charnières de sa carrière d’artiste: chaque obstacle invite à l’apprentissage et crée des possibilités de transformation. Pour envisager la transformation, seuls la destruction, l’anéantissement permet la renaissance. Pourtant, Philippine de Salaberry ne s’arrête pas face aux vestiges, elle les observe, se les approprie, les rend à leur ironie pour mieux les réparer et les faire revivre. Elle décortique notamment la peinture comme un espace archéologique du présent, comme un écho avec ses choix de vie et de développement de pratique, tout en y déposant une caresse nostalgique de tout ce qui aurait pu être. Comment le présent peut-il être aussi pavé de souvenirs?

Il s’agit, d’une part, d'une leçon personnelle de persévérance, d’approche de la peinture dans son essence de matière: la sortir de sa propre image pour lui donner finalement une existence propre. D’autre part, son travail s’immisce comme un fil conducteur complexe de nos relations aux objets et à notre environnement. Leur limitation à un usage, l’oubli que nous leur imposons et enfin, le rejet, ultime, sans percevoir l’idée des conséquences d’un tel rejet. Les oeuvres de Salaberry nous pousse à sortir d’une vision personnelle de nos habitus, la décadrer pour décrypter l’effet de notre fausse légèreté matérialiste. S’y inscrit alors la poésie des possibilités suspendues face au poids arrogant des décisions à prendre, décisions dont nous ne sommes jamais les véritables protagonistes. »

Lorraine de Thibault

Autrice et Directrice de la collection Servais à Bruxelles, Belgique

TEXTES

“Chaque pas est compté, aux battements de cœur près. Les montres connectées et smartphones transforment chacun de nos mouvements en données. Nous nourrissons deux corps, l’un organique, l'autre numérique et chacun d’eux est scruté avec la même attention pour des motifs médicaux, sécuritaires, publicitaires… Les datas cristallisent des enjeux qui nous échappent parce que pour la plupart nous avons du mal à les visualiser. La démarche de Philippine de Salaberry s’appuie sur un ensemble de données personnelles qui peuvent être celles de ses cycles de sommeil ou celles de ses entraînements sportifs. Un itinéraire, un rythme, une pulsation… Des éléments qui échappent pour la plupart à la conscience prise dans l’habitude. Se rappelle-t-on d’une bonne nuit de sommeil, de toutes les courses que l’on a pu faire ?”

Henri Guette, critique d’art.

Philippine de Salaberry dans son atelier, crédit vidéo : @vennet.paris