DRAWING NOW PARIS
CORPS INVISIBLES
26-29 mars 2026 | Stand PR7
GOLNAZ BEHROUZNIA
L’extimité du beau, les Corps invisibles de Golnaz Behrouznia.
En dialogue constant avec les animalcules et autres chimères, qu’elle développe depuis 2010 et son arrivée en France à Toulouse (avec ses séries de Parallel living forms, puis Ecosystem Pattern), avec ses Agrégats Golnaz Behrouznia dessine une idée de sur-nature qui joue avec la beauté cachée d’un vivant que la jeune artiste iranienne matérialise à travers différentes installations, et sculptures, aux ordres de sa seule Imagination Artistique. Un corpus de recherches par lesquelles l’artiste, dès les prémisses d’une œuvre développée aux Beaux Arts de Téhéran, travaille à faire émerger dans un univers de fantasmes d’animacules composé d’étranges mélanges de différents stades de vie(s), avec cette inspiration du flottant et du microscopique, qu’elle a par la suite découvert chez les Diatomées ou les Rotifères. Une œuvre où, paradoxalement, l'artiste affirme à la fois sa fascination pour la beauté et pour le dégoutant de ce qui fait la vie.
Tel un praticien, confronté à la terrible réalité du vivant, Golnaz Behrouznia demeure émerveillée par la mécanique d’un corps plein de vie autant que d’une intimité de sang, de viscères, de tissus, de merde… où se développent harmonie et abcès purulents comme difformités de dérèglements indomptables. A cet instant, l’extime et l’intime se rejoignent dans les dessins de Golnaz Behrouznia. Hors des règles d’une génétique programmée, ils révèlent une vie n’obéissant qu’aux fictions d'Ecorchés hétérogènes ou d’Agrégats d’anatomies par lesquels l’artiste compose le programme d’une beauté cachée qui s’affranchit des règles de réalité pour revenir à l’état sauvage. Dans des grouillements d’ailes, de larves, de pattes ou d’antennes entre des lianes comme autant des fibres-branches musculaires, nait une vie artistique qui n’a plus de limites que l’extimité de Lacan : celui d’une intimité surexposée, l’unheimlich de Freud, traduit par l’uncanny ; nom de cette vallée de l’étrange, de inquiétante étrangeté de l’humain imité par la machine.
Extra terrestres, les « corps invisibles » de Golnaz Behrouznia ne semblent vivre que dans l'espace visible dont les vecteurs de mutation sont la main et la plume de l’artiste. Tel l’équipage de la capsule miniaturisée du Voyage fantastique (Richard Fleischer, 1966), nous voici propulsés dans un corps devenu galaxie. Nous en contemplons alors les Relations iconographiques, dessins d’organes devenus écueils. Portulans, cartes, chimères, codex secrets, à la fois archives et prophéties, les dessins de Golnaz Behrouznia annoncent et historicise ses mondes : ceux disparus comme ceux en devenir dans son art. Cette mécanique du vivant, si bien révélée à la Renaissance par les peintres-ingénieurs, Golnaz Behrouznia ne la reproduit pas d’après dissections ou traités anatomiques (on pense à l’artiste Hongrois Jenö Barcsay), mais par des fantasmes biologiques, qu’elle intègre et hybride d’un devenir Deleuzien qui fictionne et mécanise un « être humain », « être animal », « être végétal » et pourquoi pas minéral ou artificiel.
Ainsi, nait une narration du trait qui nous emmène dans les recoins des systèmes vivants, abris de maladies recluses, autant que vers les confins lointains de planètes inconnues, où se développent d’autres vies autour d’une beauté extra terrestre en écho à nos cellules intimes. Car si Golnaz Behrouznia dépasse les limites d’une beauté cachée, ses dessins veillent à greffer « de l’empathie à ces corps troubles, à réveiller la curiosité et aller au delà des codes collectifs, pour nous pousser à nous ouvrir à ce que l’on ne connait pas ! » à travers une extimité du beau.
© JJGay 2026
Photosynthèse, 2023, papier translucide, néons, 270 x 70 x 100 cm, crédit photo Allison Borgo
Agrégats 1, encre de chine sur papier canson 200g, 130 x 70 cm
Agrégats 2, 2025, encre pigmentaire sur papier Clairefontaine lisse 250g, 21 x 15 cm, crédit photo Paul Hennebelle, @_flaneur_studio
Agrégats 3, 2025, encre pigmentaire sur papier Clairefontaine lisse 250g, 42 x 29,7 cm, crédit photo Paul Hennebelle, @_flaneur_studio
Agrégats 4, 2025, encre pigmentaire sur papier Clairefontaine lisse 250g, 42 x 29,7 cm, crédit photo Paul Hennebelle, @_flaneur_studio
Agrégats 5, 2025, encre pigmentaire sur papier Clairefontaine lisse 250g, 42 x 29,7 cm, crédit photo Paul Hennebelle, @_flaneur_studio
Agrégats 6, 2025, encre pigmentaire sur papier Clairefontaine lisse 250g, 42 x 29,7 cm, crédit photo Paul Hennebelle, @_flaneur_studio
Remerciements à Rémi Boulnois pour son implication dans la conception de Corps invisibles.