ANNE HOREL
Out of Thin Air⎥ 28 janvier - 21 mars 2026
La galerie Julie Caredda est heureuse de présenter Out of Thin Air, la seconde exposition exposition personnelle d’Anne Horel à la galerie
Out of Thin Air rassemble une série de créatures imprimées sur mousseline suspendues dans l’espace.
Accrochées au plafond, mises en mouvement par des ventilateurs au sol, elles flottent, frémissent, se déforment à peine, comme si leur existence dépendait d’un souffle invisible.
L’air provenant des ventilateurs devient ici anima, une force vitale artificielle faisant écho au battement mécanique d’un monde qui produit des images en continu.
Ces figures sont les descendantes directes des premières créatures que j’ai générées en intelligence artificielle en 2023. Issues d’un modèle entraîné sur ces images fondatrices, elles héritent d’un ADN visuel fait d’insectes, de pierres semi-précieuses, de fourrure et de fragments organiques. Le prompt d’origine, autrefois recette précise, s’est dissous dans le modèle : il ne prescrit plus, il engendre sans être dicté. Ce qui subsiste n’est pas une formule, un prompt, mais une mémoire iconographique tampon.
Imprimées sur un textile presque transparent, ces créatures apparaissent comme des corps fantomatiques. Leur matérialité est minimale, instable, dépendante de l’air qui les anime. Le dispositif fait écho au caractère éphémère de la création en IA, où chaque modèle en remplace un autre, où chaque esthétique est appelée à muter, à disparaître, à se reconfigurer.
Les ventilateurs disséminés dans l’espace évoquent la machinerie invisible : ventilation des ordinateurs, circulation de l’air dans les data centers, battement constant des infrastructures numériques. Des spectres drapés comme des fantômes désuets, presque immatériels, suspendus entre apparition et effacement, immobilité et flottement.
Chaque créature est désignée par sa couleur dominante : Bleu, Rouge, Violet, qui ont servi de prompt pour les invoquer.
La couleur existant avant le langage, elle renvoie ici à une forme essentielle, primaire, presque primordiale de perception. En les nommant ainsi, ces figures ne sont pas pensées comme des individus, mais comme des états : des variations d’un même processus génératif, appartenant à une série évolutive plutôt qu’à une mythologie. La couleur devient un indice minimal d’existence, une identité perceptive dépouillée de tout récit.
Elles sont des fanto-matiques : des fantômes produits par des systèmes automatiques, des formes héritées d’un passé algorithmique et maintenues en existence par des flux invisibles.
Mais aussi des fantômes télématiques : des présences nées de la circulation des images, de la mémoire distribuée des réseaux et de la respiration constante des machines.
Out of Thin Air interroge ainsi ce que signifie créer à partir de systèmes qui n’ont ni mémoire stable, ni origine fixe.
Ces créatures ne sont pas des objets finis, mais des états transitoires : des formes nées d’un héritage algorithmique, portées par l’air, existant littéralement « à partir de rien » et déjà en train de se transformer.
Anne Horel
Blanc
Réalisées en 2025, les œuvres de la série Out of Thin Air sont imprimées sur mousseline (65 g) et présentées au format 140 × 100 cm